Spring Break

About This Project

«Spring Break» est un arrêt sur pensée, présentant deux visions d’un
monde arabe en plein mouvement: «Ce qui vibre» et «Ce qui brille»

2014

La série «IN»
Ce qui vibre ne se voit pas mais se ressent, l’essentiel n’est pas très loin.
La série «IN» peint un portrait de la richesse humaine et l’espoir sincère de peuples prétendants à un avenir meilleur. Celle-ci parle du coeur, de l’intérieur.
Le foisonnement des couleurs, en toile de fond, retranscrit la diversité des origines, des âges, des classes sociales, des sexes, des opinions et des attentes des personnes qui portent l’espoir du changement. Les couleurs vives se mélangent et s’entrelacent sans organisation mais de manière solidaire pour vibrer et rappeler que ce monde est bien vivant et qu’il reste en mouvement.

Alors que le fond expose le corps, le premier plan met en avant son message « Jasm.1 ». Peinte en blanc, cette calligraphie appèle à la symbolique de la pureté, de la sincérité et de la lumière (spirituelle et intérieure). Son style résolument simple et plus élémentaire rappel l’image d’un langage populaire voir dialectale face à une langue arabe littéraire et plus stricte. La résultante globale dévoile une vision contemporaine, en rupture de l’archaïsme dogmatique, mais consciente et capable de prendre source dans ses origines et ses traditions pour construire une modernité à son image.

 

La série «OUT»
Ce qui brille émerveille, mais entraîne la convoitise, et parfois le questionnement.
La série «OUT» renvoi, elle, à l’apparence et la richesse matérielle, source de prospérité mais aussi de discrimination et d’avidité – un portrait souverain en la matière.
Sans prélude, le fond annonce la couleur : noir, évoquant autant l’obscurité/l’absence de lumière (source de vie) que l’or noir. L’âme s’absente quand la richesse domine. Cette richesse se converti au premier plan par une calligraphie à l’aspect doré, transposant la lumière mais cette fois-ci, une lumière issue du reflet par la matière. Seul couleur utilisée dans cette série, l’or marque ainsi sa place omnipotente.
Opulente et raffinée, l’écriture «Jasm.1» suit la ligne d’un style calligraphique traditionnelle propre à la langue arabe littéraire noble et bien-pensante. Réalisé sans retouches et à main levée, chaque trait révèle la maîtrise du geste et de la respiration – une composition orchestrée et dirigée pour tendre à une séduction et une beauté perfectible.
La somme de cette oeuvre offre un univers fermé, bâti et déployée sur tout ce qu’il possède et adule, le faste – un monde étincelant, vers lequel l’Oeil (bon comme mauvais) ne peut être qu’attiré, quitte à y capituler aveuglément.
Mises en opposition, ces séries se rejoignent pourtant par une volonté commune: capturer le lecteur sans le laisser partir. D’un côté, le fond coloré et enchevêtré repousse les limites de la toile et s’étend telle une marée enivrante dans laquelle on se laisserai volontiers emporter. De l’autre, la complexité et la richesse des éléments rendent la composition magnétisante voir hypnotisante, nous plaçant dans un dédale de détails. En exposant, la richesse humaine et matérielle face à face, Spring Break nous amène en définitive au coeur du sujet, pour nous interroger sur la relation et le dialogue émergeant de cette dualité. Ces deux visions sont-elles en confrontation? Peuvent-elles exister de manière singulière? Ou peuvent-elles être complémentaires et si ou par quel moyen?

Finalement, si cette oeuvre traite du sujet par le prisme du monde arabe, elle ouvre plus largement la dimension d’une problématique croissante et perceptible à l’échelle internationale.

Category
fine art
Tags
Spring Break